Olivier Lacan { thoughts }

20 ans de Simpson

Je viens de réaliser il y a pas si longtemps en met­tant en ligne des pro­mos de la sai­son 20 des Simp­son que… ça fait 20 ans qu’ils exis­tent. Doué hein ?

20 ans quand même. J’en ai 23, et la série existe depuis que j’ai 4 ans. C’est prob­a­ble­ment la seule série que j’ai décou­verte avant les autres séries non-animées de mon ado­les­cence. C’était avant Quan­tum Leap, avant X-Files, avant Buffy, et tout le reste.

Je ne me sou­viens pas exacte­ment quand j’ai vu un épisode pour la pre­mière fois, mais je me sou­viens par con­tre très bien du pre­mier qui a fait forte impres­sion sur moi, sure­ment un samedi après-midi d’hiver sur Canal+.

C’était le 1.06 — Moan­ing Lisa et voici le résumé de TV Rage :

Lisa gets sent home from school with a ter­ri­ble case of the blues. One night she meets Bleed­ing Gums Mur­phy, a jazz musi­cian who teaches her how to express her feel­ings through music. Lisa writes a song for Bleed­ing Gums, who plays it at his club, mak­ing Lisa feel happy again.

Je vois tout de suite ce qui m’avait attiré à l’époque. Mon père écoutait sou­vent du Blues ou du Jazz à la mai­son ou dans la voiture et mal­gré mon très jeune age (je sais pas du tout si j’ai vu la pre­mière dif­fu­sion ou pas) l’ambiance de cet épisode était hyp­no­tique, telle­ment dif­férente des dessins ani­més que je regar­dais d’habitude. J’ai un gros sou­venir mar­quant des briques rouges omniprésentes dans l’épisode. A cet age là pour moi c’était ça l’Amérique, des super­marchés et des bars en brique rouge, des petites maisons et des cen­trales nucléaires. Mais quand même, un épisode tout entier sur une gamine de 6 ans (je crois) qui a le Blues et qui va jouer du saxo sous les ponts avec un vieux jazzman. C’est quand même autre chose.

Je viens de revoir le pre­mier épisode de la série à l’instant et il y a une dizaine d’année quand j’avais reçu le cof­fret de la sai­son 1 en DVD à Noel j’avais trouvé l’ambiance bizarre. Tris­tounette, décidé­ment Blues, rigolote tout de même, mais avec un brin de mélan­colie. Je n’ai pas autant vu ça cette fois, d’une parce que je com­prends net­te­ment mieux la VO (avec ou sans sous-titres libre­ment adap­tés) et d’autre parce que j’ai une lec­ture dif­férente main­tenant. Le coté de la série qui s’adresse au adultes me parle plus.

A pro­pos c’est intéres­sant de voir qu’un célèbre hip­pie comme Groen­ing et les scé­nar­istes démoc­rates (pour beau­coup issus d’Harvard d’après ce que j’ai cru com­pren­dre récem­ment) de la série font preuve certes d’une atten­tion par­ti­c­ulière aux per­son­nages de la “sous-classe moyenne” (par­don, c’est a ger­ber ce terme) mais qu’ils ne con­cen­tre pas leurs cri­tiques unique­ment sur ça. Un peu comme le Daily Show quand il est a son meilleur, la série pointe le doigt sur l’absurde. Dans le pre­mier épisode c’est par exem­ple quand le salaire de 120 dol­lars promis à Homer pour son petit boulot de père Noel de super­marché se voit finale­ment réduire à 13 dol­lars une fois que toutes les taxes et les couts de cos­tumes ont été déduits.

That’s right 120 dol­lars gross, less Social Secu­rity, less unem­ploye­ment insur­ance, less santa train­ing, less cos­tume pur­chase, less beard rental, less Christ­mas club.

Homer cher­chait a sauver le Noël de sa famille après la perte de son bonus de Noël a la cen­trale et les bêtises de Bart qui ont couté a la famille la total­ité de leurs économies.

Au final ce pre­mier épisode met en place le statut d’heureux per­dants de la famille Simp­son. Homer sous les con­seils pas franche­ment avisés de Bar­ney emmène son fils au champs de course canine et parie sur un chien con­seillé par Bar­ney (favoris) avant de changer subite­ment d’avis lorsqu’un chien inconnu nommé “Santa’s Lit­tle Helper” est rajouté à la course. Homer crie au mir­a­cle, et Bart le cor­rige en lui expli­quant que c’est juste une coïn­ci­dence (logique, les enfants ont encore un peu de bon sens), mais Homer décide tout de même de tout parier sur ce nou­veau chien, qui évidem­ment arrive bon dernier. Seule­ment la malchance se trans­forme en coup de bol quand le chien se fait jeter dehors par son maitre et se pré­cip­ite dans les bras d’Homer. Pas d’argent, mais un cadeau de Noël par­fait pour toute la famille.

Je pense que je vais me refaire pro­gres­sive­ment toute la série, et les nom­breux épisodes et saisons que j’ai raté depuis 10 ans. L’ambiance est rad­i­cale­ment dif­férente au début par rap­port à aujourd’hui je trouve (plus de comique de sit­u­a­tion et moins de satire), peut être parce que la série est dev­enue plus lumineuse. Il me sem­ble que les épisodes se pas­saient sou­vent la nuit au début (chez Moe par exem­ple), mais c’est peut etre une mémoire sélective.

Quoiqu’il arrive ce sera la pre­mière fois que je vois l’intégralité de la série dans sa ver­sion d’origine, et avec les con­nais­sances de cul­ture pop­u­laire améri­caine que j’ai acquises depuis, ça n’aura sure­ment rien à voir.

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