Olivier Lacan { thoughts }

Google fête la cinquième

J’aime bien les logos de la page d’accueil de Google, ils sont sou­vent mignons et sou­vent très jolis comme celui ci-dessus. Et puis c’est quand même assez sympa pour une entre­prise mon­di­ale comme celle là de se don­ner la peine (on pour­rait d’ailleurs dire que c’est parce que c’est une entre­prise glob­ale qu’elle se doit de le faire) de faire des petits clins d’oeil a chaque pays comme ça. Étant un early adopter (bon sang ce français a besoin de se rafraichir) de Google depuis 1998 je crois, a l’époque où on se repas­sait l’url en hal­lu­ci­nant devant la vitesse mag­ique de recherche. Qui se sou­vient encore des min­utes entières que pas­saient Altavista pour nous vomir des cen­taines de pages de pub en lieu et place d’information.

Bref, je digresse évidem­ment et je voulais juste remar­quer le fait que ce logo me fait penser a la vision autorisé de l’histoire dans les écoles en France. Oui je fais du révi­sion­nisme, un peu à l’arrache d’ailleurs (la flemme de me ren­seigner plus sur le sujet pour l’instant), mais je crois me sou­venir que De Gaulle à l’époque de son coup d’état de fait avait reussi a per­suader toute la classe poli­tique et l’opinion publique en France que la Qua­trième République avait été la cause de la défaite française en 1939.

Cette his­toire décrétée d’en haut est une bonne vieille tra­di­tion chez nous (et ailleurs) qui 60 ans après fait tou­jours recette. Et je me sou­viens encore mes profs d’histoire au Lycée nous décrire l’inaction et l’apathie des députés de la 4ème qui force­ment avait provo­qué, par son sys­tème véri­ta­ble­ment par­lemen­taire (a défaut de sys­tème prési­den­tiel ou pre­mier min­istériel), l’incapacité du gou­verne­ment français de décider quoi faire face à Hitler et l’invasion allemande.

J’avance en ter­rain miné puisque mes con­nais­sances sur le sujet sont rudi­men­taires, et donc j’ai déjà prob­a­ble­ment dis pas mal de bêtises (vrai­ment, c’est pas pour me dédouaner) mais d’un point de vue totale­ment théorique. Le fait que la quasi-totalité de la France soit désor­mais per­suadée qu’un régime dans lequel les députés ont plus de pou­voir qu’aujourd’hui est une mau­vaise chose est pro­pre­ment hal­lu­ci­nant. Aussi hal­lu­ci­nant que le fait qu’on adule des années plus tard une ordure (c’est peut être lui accorder trop de crédit, un imbé­cile au mieux) comme De Gaulle.

La bal­ance de pou­voirs n’existe pas en France, et je pense que c’est tout bon­nement du fait de cette 5ème République et de l’homme qui l’a mise au monde. Quelques unes des plus belles con­ner­ies lég­isla­tives récentes (mais pas seule­ment, j’en con­viens) ont été provo­qués par des abus de pou­voir de l’exécutif.

Vous noterez que ce n’est pas un prob­lème français, la bal­ance des pou­voirs est cassée égale­ment aux États-Unis. Les députés (con­gres­sistes là bas) ont refusés en bloc une mesure d’interventionnisme toni­tru­ant qui sous cou­vert de sauver l’économie (ce qu’elle man­quera de faire dans le secteur d’application du sauve­tage, tout en provo­quant des séquelles bien plus graves dans tous les autres secteurs) se per­me­t­tait de faire payer les erreurs de cer­tains, avec l’argent de “tout le monde”.

En rhé­torique, il n’y a pas a cog­iter, c’est non. Et comme les français, la plu­part des améri­cains sont plein de bon sens, et ils ont juste­ment hurlé. Leurs députés, accusés de pop­ulisme alors qu’ils écoutent leur électeurs au lieu des groupes d’influence pour une fois, ont refusé en bloc le plan de Paul­son. Quelques jours plus tard, et avec force influ­ence en vrac de la part : de la prési­dence, des grands patrons con­cernés par les fail­lites finan­cières (Gen­eral Elec­tric notam­ment) et de cen­taines de jour­nal­istes qui ne savaient plus trop au don­ner de la tête, le plan légère­ment mod­i­fié dans son champs d’application (j’ose ésperer que Paul­son, le min­istre des finances n’a finale­ment pas pu s’octroyer tous les pou­voir comme un Bush va-t’en-guerre) mais absol­u­ment pas dans sa rhé­torique de base, a été accepté.

Pas par les citoyens, qui vont payer, mais par ceux qui sont juges, jurés et accusés. Le gou­verne­ment décrépit de Bush, les groupes d’influence à la solde des entre­prises pseudo-capitalistes qui préfèrent les sub­ven­tions à la bonne gérance, et les quelques imbé­ciles de la finance.

Tous pour­ris ? Non, les améri­cains n’ont rien fait de mal. A part vouloir une maison.

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